Numérique responsable
L'empreinte environnementale du numérique expliquée
Terminaux, réseaux, centres de données : comprendre d'où vient l'impact environnemental du numérique, au-delà du carbone (ressources, eau, déchets), et ce que disent les études.
3 min de lecture · Relu le 1 octobre 2026 · Par l'équipe RescueForce
Le numérique semble immatériel, mais il repose sur une infrastructure bien réelle : des milliards d’appareils, des réseaux et des centres de données. Comprendre son empreinte environnementale aide à identifier les leviers d’action vraiment efficaces.
Trois composantes
L’empreinte du numérique se répartit entre :
- Les terminaux : smartphones, ordinateurs, tablettes, téléviseurs, écrans, consoles, objets connectés.
- Les réseaux : antennes, câbles, équipements des opérateurs, box internet.
- Les centres de données : serveurs, stockage, refroidissement.
Les études menées en France par l’ADEME et l’Arcep montrent que les terminaux représentent la plus grande part de l’impact, devant les centres de données et les réseaux.
Le poids de la fabrication
Pour un appareil donné, l’impact se répartit sur tout son cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication, transport, utilisation, fin de vie. Pour les terminaux, la fabrication domine largement. D’après l’étude ADEME-Arcep publiée en 2022, la phase de fabrication représente environ 78 % de l’empreinte carbone du numérique en France.
Pourquoi ? Parce que fabriquer des composants électroniques demande :
- l’extraction de nombreux métaux, dont certains rares, avec des procédés gourmands en énergie, en eau et en produits chimiques ;
- des usines de semi-conducteurs très énergivores ;
- un transport mondialisé des composants et des produits.
Au-delà du carbone
L’impact du numérique ne se résume pas aux émissions de gaz à effet de serre :
- L’épuisement des ressources : le numérique mobilise des métaux dont les réserves sont limitées et dont l’extraction a des impacts locaux importants.
- L’eau : la fabrication des composants et le refroidissement de certains centres de données en consomment beaucoup.
- Les déchets : les DEEE sont l’un des flux de déchets qui croissent le plus vite dans le monde, et une partie échappe aux filières de recyclage.
- Les impacts sociaux : conditions de travail dans les mines et les usines, exportation illégale de déchets.
Et l’usage ?
L’usage pèse aussi : électricité consommée par les appareils, les réseaux et les centres de données. En France, l’électricité étant largement décarbonée, la part de l’usage dans l’empreinte carbone est plus faible que dans d’autres pays, ce qui renforce encore le poids relatif de la fabrication.
Le développement de certains usages (vidéo en très haute définition, intelligence artificielle, objets connectés) augmente toutefois la demande en infrastructures, et donc en équipements à fabriquer.
Une empreinte en croissance
Sans changement des pratiques, l’empreinte du numérique devrait continuer à croître, sous l’effet de l’augmentation du nombre d’équipements par personne et des usages. Les études prospectives de l’ADEME et de l’Arcep soulignent l’importance de la sobriété et de l’allongement de la durée de vie des équipements pour inverser cette tendance.
Le cadre réglementaire en France
Plusieurs textes encadrent désormais le sujet, notamment la loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique (dite loi REEN) de 2021, qui a introduit des mesures de sensibilisation, de lutte contre l’obsolescence et de soutien au réemploi. L’indice de réparabilité, l’information sur la disponibilité des pièces détachées et l’allongement des durées de mises à jour participent de la même logique.
Ce qu’il faut retenir pour agir
- L’impact principal vient de la fabrication des terminaux.
- Le levier n° 1 est donc de fabriquer moins : garder ses appareils plus longtemps, réparer, acheter reconditionné, réemployer.
- Les usages comptent aussi, surtout à grande échelle, mais à un degré moindre.
Voir numérique responsable : les gestes qui comptent.
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